L'exploitation des ressources naturelles
Sols, sous-sols, eau, énergie… Rares sont les ressources qui ne subissent pas une intense exploitation humaine. Cette pression anthropique modifie les paysages et les usages et exacerbe les inégalités…

La colonisation des terres émergées
L’utilisation des territoires est l’empreinte humaine la plus visible : alors que les 15 milliards d’hectares de terres émergées représentent 29% de la surface du globe, près de la moitié de ces terres ont été modifiées par l’Homme (1).
Les terres agricoles, pâturages, villes, industries, couvrent environ 20% des terres émergées (1). Mais une mauvaise utilisation du sol (agriculture intensive…) l’appauvrit, et 40% des 1,5 milliards ha de terres arables étaient considérées comme dégradées en 2000 (2).
L’homme cherche donc à conquérir de nouvelles terres cultivables. Agriculture et élevage viennent alors rejoindre le commerce du bois et l’exploitation minière au rang des prédateurs de la forêt. Ainsi, plus de la moitié des forêts originelles ont été détruites par l’Homme (2), majoritairement après 1950. Les forêts ne couvrent aujourd’hui plus que 30% des terres émergées (environ 4 milliards ha) (3).
Energies fossiles : la fin d’une ère
Jusqu’au milieu du 18ème siècle, l’Homme exploitait exclusivement les énergies disponibles à la surface de la terre : bois, vent, traction animale… L’activité d’extraction s’est développée au 19ème siècle, puis la consommation énergétique mondiale a explosé au 20ème siècle : elle a été multipliée par 18 alors que la population n’était multipliée que par 4 (4). Mais la consommation d’énergie n’est pas équitablement répartie : 20% de la population consomme 80% de l’énergie, et 2 à 3 milliards d’individus vivent sans électricité (4 ; 5).
Aujourd’hui, les trois principales énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) couvrent 80% de la consommation énergétique mondiale. Les énergies renouvelables ne représentent que 13,5% des énergies comptabilisées dans le monde (6). De plus, près de la moitié vient de la combustion du bois et des déchets dont le caractère renouvelable est très discutable.
La pénurie des énergies fossiles est annoncée : on estime à moins de 100 ans l’autonomie mondiale, dont à peine 40 ans pour le pétrole. Le charbon a une autonomie de près de 200 ans (6), mais c’est l’énergie fossile la plus polluante actuellement. Pénurie et changement climatique demandent de repenser l’énergie de demain. En attendant, les tensions politiques liées à la pénurie et à la sécurisation des approvisionnements n’ont pas fini de grimper…
Des richesses sous nos pieds
L’Homme ne se contente pas de puiser les énergies fossiles dans le sous-sol terrestre. Il en extrait aussi de nombreux minerais : pierres et métaux précieux (diamant, or, argent…) ; minéraux utiles à l’industrie (fer, cuivre, lithium, phosphate…)… L’extraction est réalisée grâce à des mines (matériaux précieux ou stratégiques) ou à des carrières (minéraux non métalliques ou carbonifères). Il en résulte une forte modification du sol et du sous-sol.
L’eau : au cœur des inégalités
La Terre est recouverte à plus de 70% d’eau. Mais 97,4% de l’eau de notre « Planète bleue » est salée et 2% se présente sous forme de glace. Seule 0,6% de l’eau est douce et liquide (5).
Depuis 1950, la consommation mondiale d’eau a doublé tous les 20 ans. L’agriculture utilise 71% de l’eau prélevée, l’industrie 20%, l’usage domestique 9%. Mais, alors qu’un habitant des Etats-Unis utilise 600 litres d’eau par jour et un européen entre 250 et 300 litres, un jordanien n’en consomme que 40 et un africain 30 (4). Les pays développés parviennent au prix de gros efforts à limiter la pollution des lacs, fleuves et nappes phréatiques, pour limiter les coûts d’épuration. Mais dans les pays moins développés, 1,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable (5), ce qui est à l’origine de nombreuses maladies souvent mortelles.
Dans de nombreux pays, regroupant 90% de la population mondiale, les ressources hydriques sont partagées avec d’autres Etats (4). La gestion de l’eau entraîne donc souvent des tensions locales, notamment dans les zones les plus sèches (Moyen-Orient…), fortement dépendantes des fleuves qui les traversent.
Ecrit par Florent Planas pour « Un an pour la Planète ».
Pour en savoir plus…
- M. Vitousek et al., Human Domination of Earth's Ecosystems (Science, 25 juillet 1997)
- WRI (World Resources Institute)
- FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture)
- Michel Barnier, Atlas pour un monde durable (Acropole, 2007)
- Fondation Nicolas Hulot, Ecologuide de A à Z (Le Cherche Midi, 2004)
- AIE (Agence Internationale de l’Energie)














